PB&J ? Quèsaco ?

Aujourd’hui, parlons cuisine américaine. Loin des clichés de malbouffe et de portions XXL, la cuisine des Etats-Unis est diverse et extrêmement variée. Un des mets emblématiques est le mystérieux PB&J (à prononcer « pi – bi – g »), le sandwich au beurre de cacahuète et à la gelée. Le Peanut Butter and Jelly sandwich, dans la langue du pays, est un monument national très officiellement célébré le 2 avril. Imaginez donc !

Le National Peanut Board, le Conseil national des producteurs de cacahuètes, liste cinq raisons pour lesquelles le PB&J est le meilleur des sandwichs. En résumé, le PB&J est aux Américains ce que le gâteau au yaourt est aux enfants français et ce que la madeleine est à Proust. Le PB&J est une régression en enfance qui sert de refuge. Ce sandwich est d’ailleurs le premier plat que les enfants américains apprennent à préparer seuls, leurs ouvrant les portes vers l’autonomie en cuisine.

Aux Etats-Unis, petits et grands chérissent le PB&J. La consommation de PB&J reste stable tout au long de la vie. Le sujet a été étudié en détail et les résultats scientifiques sont formels : au cours de leur vie, les Américains mangent en moyenne 3000 PB&Js, ce qui correspond à la hauteur de la statue de la Liberté, rien de moins.

Donc, si on veut faire savant :

  • sachant que l’espérance de vie moyenne aux Etats-Unis est de 77,3 ans ;
  • sachant que les Américains commencent à manger des PB&Js à 4,2 ans ;

Cela nous amène à 73,1 ans de consommation de PB&Js, ce qui se traduit par une consommation de 41 PB&Js par an, soit 3,4 par mois.

Bref. Les Américains mangent en moyenne 1 sandwich PB&J par semaine.

Le PB&J de l’enfance
Crédit : Pixabay / VintageBlue

« Tout ceci est bien beau, mais, concrétement, de quoi est-il question ?« , me demanderez-vous.

Concrétement, il s’agit d’un sandwich dont la recette a été publiée en 1901 dans le Boston Cooking School Magazine of Culinary Science and Domestic Economics, le Magazine de l’école des sciences culinaires et d’économie domestique de Boston. Au début du XXème siècle, le beurre de cacahuète était un produit fin servi avec du cresson dans les salons de thé les plus chics de New York. La recette originale du PB&J s’adressait à cette clientèle et suggérait la préparation d’amuse-bouches comprenant deux tranches très fines de pain sur lesquelles sont étalées deux couches fines : une de beurre de cacachuète et une de gelée de cassis ou de pommes sauvages.

L’industrialisation du secteur agro-alimentaire aidant, le prix du beurre de cacahuète a baissé, popularisant sa consommation. Le PB&J a été diffusé dans l’ensemble de la société. Les ingrédients de base étant peu chers, le PB&J était – et reste – un sandwich extrêmement bon marché. Durant la Seconde Guerre mondiale, les rations des soldats américains comprenaient des tranches de pain de mie, de la confiture et du beurre de cacahuète, ce qui a contribué à la popularité de la recette. La consommation de PB&J à grande échelle était lancée.

Préparation de PB&J
Crédit : Pixabay / arnehomme

Sur le papier, le PB&J est d’une simplicité déroutante : il s’agit d’un sandwich avec du beurre de cacahuète, de la gelée et du pain de mie. Cependant, en cuisine comme dans la vie, le diable se cache dans les détails. A l’heure où la France se déchire pour savoir s’il convient de dire « pain au chocolat » ou « chocolatine », les débats culinaires font rage également de ce côté-ci de l’Atlantique ; les variations du PB&J sont multiples.

Tout d’abord, se pose la question du pain de mie. Faut-il suivre le camp classique qui ne jure que par le pain de mie blanc ou les adeptes d’un mode de vie sain qui veulent manger des fibres et donc choisissent du pain de mie complet ? Puis se pose la question de la gelée. De la gelée, oui, mais quelle gelée ? Cassis pour la couleur ? Raisin pour le côté classique ? Il se dit que la gelée est parfois remplacée par de la confiture. Puis vient la question du beurre de cacahuète. Quel est le juste ratio entre le beurre de cacahuète et la gelée ? La version originale suggère 50-50, la version saine suggère un tiers – deux tiers. Et enfin, la question ultime : le PB&J doit-il être toasté au four ? Les discussions sont vives sur Internet mais aucune école ne semble ne l’emporter. La meilleure façon de préparer le PB&J reste la vôtre – peu importe les variations, pourvu qu’on ait les saveurs de l’enfance et, comme le souhaitait Julia Child, la joie.

C’est mon conseil invariable aux gens: apprenez à cuisiner – essayez de nouvelles recettes, apprenez de vos erreurs, soyez intrépide et surtout amusez-vous !

Julia Child, Ma vie en France, 2006.

D’ailleurs, laissons Julia Child conclure :

2 réflexions sur “PB&J ? Quèsaco ?

  1. Faut constater quand même que le débit de PBJ va varier le long d’une vie — de 5 par semaine en enfance vers 0 ou 1 une fois rendu adulte. On dirait que le débit accélère pendent les vieux jours — j’ai pas vécu suffisamment longtemps pour savoir. 🙂

    Pour être 100% honnête j’ai jamais été gros fan du PBJ — premièrement comme je n’aime pas le raisin en général, mais la combinaison des deux je trouvais écoeurant. Je préférais la Fluffernutter, variante faite avec du Marshmallow Fluff (nuage de guimauve??) à la place de la gelée.

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