Impressions d’Alaska – McCarthy

McCarthy… Si cette ville n’existait pas il faudrait l’inventer. Si j’avais l’esprit critique, je vous dirais que McCarthy est le lieu idéal pour tourner Les Bronzés en Alaska. Comme je ne suis qu’amour et bonté, je me contente de dire que McCarthy est un lieu « intéressant ». Je ne veux pas que mes propos soient mal interprétés, donc clarifions.

McCarthy est un délicieux village d’une centaine d’âmes situé à l’intérieur du parc national de Wrangell-Saint-Elie. Le parc national de Wrangell-Saint-Elie a été établi en 1980. C’est les Etats-Unis, donc tout est grandiose. Si on tente l’exercice dérisoire d’appréhender le parc national de Wrangell-Saint-Elie avec des statistiques, voilà ce que ça donne :

  • Le parc est, à lui tout seul, plus grand que la Suisse ;
  • Le parc compte plusieurs glaciers, dont le glacier Malaspina qui est le plus grand d’Amérique du Nord ;
  • Le parc compte également le plus haut sommet d’Amérique du Nord, le Mont Saint Elias qui s’élève à 5 489 mètres ;
  • Neuf des seize plus hauts sommets des Etats-Unis se trouvent dans le parc de Wrangell-Saint-Elie ;
  • Le Mont Wrangell, qui culmine à 4 300 mètres, est l’un des plus grands volcans actifs en Amérique du Nord.

L’arrivée à McCarthy se fait par les airs ou une route non goudronnée. Et comme le laissent présager les statistiques présentés, mon arrivée a simplement été majestueuse :

Le village de McCarthy lui-même est le témoignage d’un passé grandiose. Au début du XXème siècle, une des plus grandes réserves de cuivre a été découverte dans la région. S’en suivi une course aux minéraux financée par des grands noms comme les frères Guggenheim ou encore J.P. Morgan. L’argent injecté pour l’exploitation du cuivre se traduit par la construction d’une route et d’un chemin de fer. Qui dit territoire accessible et activité économique, dit afflux de population. McCarthy connut alors son âge d’or. Aujourd’hui, il ne reste que les vestiges de cette époque faste. Les bâtiments qui permettaient l’exploitation minière sont maintenant considérés comme des bâtiments historiques et protégés. Les marcheurs peuvent encore apercevoir des vestiges de l’exploitation minière. McCarthy est un village sans rue goudronnée et où les bâtiments d’époque se succèdent.

La désignation comme parc naturel a permis une sorte de regain économique en attirant des touristes en mal d’aventure. Les paysages et l’étendu du parc donnent raison aux touristes venus se frotter à la nature.

Cependant, mon regret sur place a été l’aspect quelque peu artificiel du tourisme vendu ici. En raison des infrastructures limités, la majorité des touristes se concentrent dans quelques lieux ne prenant vie qu’en été. Contrairement au Montana où les guides doivent être des locaux, l’Alaska cherche à peupler son territoire. Des aides financières venant de l’Etat sont même disponibles pour les amateurs d’hivers longs et rudes. En outre, il n’y a pas vraiment aux Etats-Unis de certification pour les guides, même avec une connaissance relativement moyenne du territoire. En été, McCarthy draine donc une population de professionnels passionnés par la montagne qui connaissent leur métier sur le bout des doigts mais aussi des hippies qui pensent revivre Woodstock en devenant guide en Alaska trois mois par an (d’ailleurs, ils n’étaient pas nés à l’époque). Il n’y a pas assez de logements disponibles à McCarthy pour loger tout ce beau monde, donc les saisonniers logent dans des tentes installées à proximité du village, donnant au village un esprit de festival assez détonant avec le type de tourisme. Cet aspect de consommation de masse m’a presque deçu dans un endroit aussi reculé que McCarthy. Mais ainsi va la vie.

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