J’avais lu le pire sur Anchorage mais c’est Anchorage qui m’a vraiment fait aimer l’Alaska (en prouvant au passage que je suis un animal urbain). Si l’Alaska de l’Intérieur est le royaume des trappeurs, Anchorage est le royaume des hipsters ne craignant pas le froid. Dans l’Alaska de l’Intérieur, j’ai découvert les rigueurs de l’Arctique et l’auto subsistance. Les locaux m’avaient expliqué les subtilités entre les différents permis de chasse et les quotas autorisés en fonction de votre lieu de résidence en Alaska. En gros, dans certaines zones reculées, vous avez droit à tout ce que vous voulez car la chasse est considéré comme de subsistance. Si vous vivez dans des zones plus urbaines, la legislation réfréne vos envies de chasse. Un local m’avait ainsi narré sa rencontre avec un troupeau de caribous et la facilité avec laquelle il en avait tué deux, atteignant de fait son quota annuel en une sortie de chasse. Bref, j’etais avec les trapppeurs dans l’Alaska de l’Intérieur. Arrivée à Anchorage, je me suis retrouvée assise dans un café à côté de deux femmes veganes. Je n’aurais pas pu inventer un contraste plus important. Plus qu’ailleurs, Anchorage m’a montré la diversité des styles de vie en Alaska.






Anchorage est la plus grande ville d’Alaska. Qui dit ville dit densité. Avec moins de 60 habitants par km carrés, ne nous attardons pas sur la densité humaine. Parlons plutôt de la densité d’élans. Anchorage comptait 398 328 habitants en 2020 et 1 500 élans. Il paraît qu’il faut se rendre à Anchorage pour voir des élans. J’attends toujours d’en voir. Mais il paraît qu’il y a souvent des accidents de voiture avec les élans. En cas de collision, les élans sont souvent touchés au niveau des pattes, donc condamnées. Il existe donc une liste d’attente pour les élans accidentés afin d’en récupérer la viande. Ainsi, lorsqu’un élan est blessé lors d’un accident de voiture, une personne de la liste d’attente est appelée. L’heureux élu a une heure pour venir chercher son élan accidenté et doit s’occuper de le débiter.
L’autre densité visible à Anchorage est celle des avions. L’Alaska est un territoire extrêmement sauvage. En Alaska, 20 % seulement du territoire est accessible par route. L’usage des avions est donc ne chose courante dans ces contrées. Il y a en Alaska plus d’un avion pour 100 habitants et l’Alaska hébergerait plus de 3 % des avions enregistrés aux Etats-Unis.






Les hydravions se trouvent principalement autour du Lac Hood (Lake Hood Seaplane Base) qui, avec 190 décollages par jour, compte comme la base d’hydravions la plus active du monde. En hiver, le lac gelé est utilisé comme piste pour les avions à skis. Un avion de brousse prêt à voler coûte entre 20 et 40 000 dollars. De ce fait, il m’a été dit que certaines personnes décident de construire leur avion. Il se dit aussi que posséder son avion est un excellent moyen de faciliter l’obtention d’une license de pilotage. Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire en arrivant à Anchorage : vous inscrire sur la liste des élans accidentés et construire votre avion.
