Impressions d’Alaska – Fairbanks

Comme dit le dicton, « I didn’t come this far to only come this far » (« Je ne suis pas venue jusqu’ici pour venir uniquement jusqu’ici »). Je suis donc partie à la decouverte, de l’extrême Ouest américain, cette partie des Etats-Unis qui est plus proche de la Russie que de la ville de Washington. J’ai nommé l’Alaska. Dans cet Etat plus grand que le Texas, la Californie et le Montana combinés, uniquement 20 % du territoire est accessible par la route. Il se dit qu’en Alaska, les habitants mangent des burgers à l’élan, possèdent tous un hydravion et des armes. Il se dit aussi que tous les habitants en Alaska ressemblent au 1 % des personnes les plus bizarres de votre ville. Bref, je suis allée voir ce que ce bout de terre américaine à proximité directe de la Russie donnait en réalité. De mes yeux, j’ai vu. Attendez-vous dans les prochaines semaines à des photos de glaciers, de boeufs musqués et d’ours. 

Mon premier contact avec l’Alaska a été par la ville de Fairbanks, une ville de 33 000 habitants, localisée au centre géographique de l’Alaska. Fairbanks m’attirait car elle était décrite dans un guide touristique comme un lieu où l’on croise une foule hétéroclite typique de l’Alaska. L’Alaska de l’intérieur était également un autre monde pour moi : plus de 99 % des habitants possède la nationalité américaine – à titre de comparaison, les citoyens américains représentent 85 % des habitants de New York City, 92 % de Washington, D.C. et 90 % de Seattle.

Localisation de Fairbanks, Alaska. (Source : Google Maps).

L’arrivée en avion est grandiose car les paysages infinis sont époustouflants. 

L’arrivée en ville a été plus déroutante. Le bâti est assez dispersé au point que je me suis interrogée longuement sur ce qui constitue la ville dans ce cas. L’Alaska est un Etat connu pour la rudesse de son climat et les difficultés rencontrées par certaines tranches de sa population. La faible densité humaine et les hivers longs sans lumière sont donnés comme raison pour expliquer les taux d’alcoolisme, d’usage de drogue, ou encore de violence conjugales (14 % des habitants d’Alaska déclarent l’usage de drogues illicites contre 8 % dans le reste du pays et la population d’Alaska boit plus que la moyenne nationale).

Plusieurs lignes de bus traversent la ville et le réseau de transports en commun est plutôt bien organisé. Prendre les transports en commun est également assez agréable : le bus sert de lien social à beaucoup. Le bus devient donc une grande discussion entre les quelques passagers présents. On y parle de l’origine de la fumée qui recouvre la ville, du McDo préféré, des nouvelles des uns et des autres. Pourtant, la fréquence très faible des bus et la surface qui est desservie est somme toute assez faible, ce qui rend le bus assez peu attractif pour tous ceux qui peuvent s’en passer.

Nous sommes en territoire de dépendance automobile quasi-absolue. Sans voiture, l’accès à tous les services est fortement limité. Il est techniquement possible de marcher en ville car des trottoirs sont présents presque partout – une surprise pour une petite ville américaine. Pourtant, rien n’appelle à la marche. La ville semble aussi dure qu’elle climat. Marcher revient à se déplacer d’un bloc à l’autre dans des espaces – tout du moins pour ceux que j’ai vu – qui ressemblent à des anciens espaces industriels. Je me suis souvent demandée de quelle manière les maisons que je voyais pouvaient garder la chaleur en hiver. Les voitures sont équipées d’éléments pour éviter que le moteur refroidisse de trop pendant l’hiver. D’ailleurs, de parole de locaux, un des meilleurs moyens de ne pas avoir de problème est de laisser sa voiture tourner en permanence. Une autre solution est de placer un barbecue jetable sous le moteur avant de démarrer la voiture. Les locaux admettent pourtant tous que cette méthode n’est pas la plus sûre.

J’ai ressenti un contraste saisissant entre l’authenticité et l’entraide des habitants et le développement du tourisme avec ses effets négatifs. C’est à proximité de Fairbanks que se trouve la ville de « North Pole », qui n’est pas du tout située à proximité du Pôle Nord. Mais l’opportunité était trop belle, des génies ont eu l’idée d’y établir la maison du Père Noël. C’est à North Pole que j’ai donc appris que la maison du Père Noël est située dans la rue Saint Nicolas. L’établissement est un magasin à souvenirs on ne peut plus touristique dans lequel il est possible de rencontrer le Père Noël même en plein mois d’août. Cependant, cet endroit est touchant par les centaines de lettres au Père Noël affichées au mur. Ces lettres sont reçues du monde entier et il me semble que des volontaires y répondent.

Fairbanks reste un lieu intéressant car placé à un carrefour geographique. On y croise toutes sortes de profils qui reflètent les aspirations variées des habitants. Mes rencontres les plus marquantes ont été une chauffeuse de bus qui conduisait gaillardement en chaussettes. Avec un entrain sans faille, les entretenait les uns et les autres sur les nouvelles de la ville. Je lui dois d’avoir arrêté le bus en pleine route pour me permettre d’y monter. Il y a aussi des guides d’activités extérieures qui viennent du reste des Etats-Unis qui arrivent en Alaska pour réaliser un rêve d’enfant. Il y a des locaux qui pour rien au monde ne quitterait le territoire de leurs ancêtres. Et des Américains, arrivés en Alaska initialement pour un an dans le cadre d’un travail, et qui y sont depuis maintenant 30 ans. Tous comptent les années en hiver, expliquent la dureté des longs hivers mais expliquent leur bonheur de vivre dans la nature pure.

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