S’il y a bien un sujet délicat aux Etats-Unis, c’est la question du pourboire. L’étiquette du pourboire est relativement complexe outre-atlantique. La moindre entorse au protocle peut vous faire passer soit pour un goujat, si vous ne donnez pas assez, soit pour un arrogant, si vous donnez trop de manière ostentatoire.
ChatGPT nous renseigne ainsi sur la culture du pourboire aux Etats-Unis :
Aux États-Unis, le pourboire est une pratique courante dans de nombreux secteurs de services, tels que les restaurants, les bars, les salons de coiffure et les services de taxi. La règle générale en matière de pourboire dans les restaurants est de laisser un pourboire de 15 à 20 % du montant total de l’addition, en fonction du niveau de service fourni. Dans certains cas, les frais de service peuvent déjà être inclus dans l’addition, il est donc important de vérifier avant de laisser un pourboire supplémentaire.
ChatGPTm traduit par deepl.com
Oui, vous avez bien lu. Quand on parle pourboire aux Etats-Unis, ca va flirter avec les 20% du prix de l’addition. Chose assez drôle, alors que les Américsains sont désomais perçus en Europe comme les champions toutes catégories du pourboire, l’introduction de la notion de pourboire a été extrêmement critiquée après la guerre de Sécession. A cette époque, l’idée même de pourboire était vue comme un « danger pour la démocratie » et « anti-américain de manière offensive« . La culture du pourboire était perçue comme encourageant la servilité et allant à l’encontre de l’éthique américaine de l’anti-aristocratie. John D. Rockefeller et Mark Twain se sont même retrouvés têtes de proue de mouvements anti-pourboire. En 1915, la question était tellement brûlante qu’elle a été légisférée dans le Tennessee, la Caroline du Sud et l’Iowa, trois Etats où les pourboires ont été purement et simplement interdits.
Aujourd’hui, le débat continue de faire rage, d’autant plus que les pourboires atteignent des montants jamais égalés et certains affirment que la culture du pourboire est « hors de contrôle ». Trois éléments expliquent cela. Tout d’abord, la digitalisation. Les applications de paiement se sont développées. Désormais, il est demandé à un client de choisir s’il veut laisser un pourboire de 15, 20 ou 30 %. Laisser un pourboire d’un autre montant nécessite davantage de manoeuvre, donc dissuade le client. L’autre élément est la « culpabilisation du pourboire », forçant plus ou moins le client, se sentant observé, à laisser un pourboire, pour tous les services. Enfin, le troisième élément est la multiplication des professions demandant un pourboire. Le pourboire était initialement réservé à des services définis, comme les restaurants. Désormais, Vous achetez un cookie à emporter. Paf, on vous demande un pourboire. Un café à emporter, idem. Vous vous faites livrer un repas. Idem. Le phénomène a même un nom, c’est la tipflation, contraction de « tip » (pourboire) et « flation » (pour inflation). Et comme il peut être mal vu de ne pas laisser de pourboire, vous voilà embarquer à laisser sans cesse des pourboires élevés.
Le débat sur le pourboire est à l’intersection de la question de classe, de genre, du racisme et du salaire minimum. Dans beaucoup d’endroits, les salariés pour lesquels les pourboires sont permis sont sous-payés, avec l’idée que le pourboire va compléter les salaires. Pour vous donnez un ordre de grandeur, le salaire minimum légal pour les professions pouvant recevoir un pourboire est de 2,13 $ par heure – le montant est resté le même depuis 1991. Une proposition de loi, The Raise the Wage Act, vise à augmenter le minimum légal des salariés recevant des pourboires à 2,13 $ par heure. Cependant, si cette proposition de loi est introduite devant chaque Congrès depuis 2017, elle n’a jamais été promulguée.
Le pourboire est désormais vu comme un héritage de l’esclavage qui affecte les femmes de manière disproportionnées : les deux tiers des salariés dépendants des pourboires sont des femmes… Alors que de nombreuses études ont montré que les salariés recevant des pourboires étaient beaucoup plus sujet au harcélement sur le lieu de travail que les autres employés.
Le pourboire est une question hautement politique aux Etats-Unis, et ce, depuis le début du XXème siècle. Il se dit que les Républicains seraient plus généreux en pourboire que les Démorates. Le pourboire, pratique initialement européenne, s’est solidement enraciné dans la culture américaine. L’augmentation actuelle de l’inflation invite pourtant les Américains à s’interroger sur les limites du système de pourboire actuel. Les pratiques ne semblent cependant pas (encore) changer. Pour ceux qui voudraient venir aux Etats-Unis sans passer pour des goujats: voici le tableau récapitulant le pourboire en fonction du service.
