It’s hockey time – again!

La saison régulière de la Ligue Nationale de Hockey vient de démarrer. Extase et joie. C’était décidé, cette saison, j’allais vivre le rêve en 3D. J’allais assister à un match de hockey « en vrai ». Fidèle à ma nouvelle mission terrestre d’éveiller le monde à la beauté du hockey, j’invitais des profanes à se joindre à moi. Avec leur assentiment et l’enthousiasme des nouveaux convertis, je me suis mise à étudier les rencontres à venir. C’était décidé, nous irions au match d’ouverture de saison des Capitals de Washington contre les Bruins de Boston, une des plus vieilles équipes de la Ligue.

Après avoir assisté à son premier match de hockey à New York en 1955, le prix Nobel de littérature William Faulkner relate que la glace semblait « fatiguée » avant le début de la rencontre. Quelques sept décennies plus tard, il n’y a pas de fatigue à voir. Au contraire. Les Américains sont les champions toutes catégories confondues lorsqu’il s’agit d’organiser des événements importants. Et il savent allumer le feu. Même à la patinoire.

Le public est ainsi mis dans l’ambiance avec un spectacle son et lumière assez inattendu et un chouïa déroutant. Différents joueurs de l’équipe des Capitals, qui jouaient à domicile, sont mis en avant sur les écrans géants. Les arbitres ont patiné sur la glace en présentant une sorte de chorégraphie courte. Des extraits de films exhaltant les matchs de hockey sont diffusés. J’y ai notamment reconnu un extrait du discours du coach dans le film Miracle, discours au cours duquel ledit coach déclare « c’est le match de votre vie. » (Mouais, bon, si vous voulez mon avis : dans Miracle, il est question d’une finale des JO, là, c’était un match de saison régulière. On peut certes débattre de la nécessité de considérer tous les matchs aussi importants les uns que les autres. Mais bon. Bref). Enfin, une musique entraînante lie le tout.

Il faut tout de même noter que si l’équipe des Capitals était adulée, rien n’a été dit sur l’équipe de Boston. Nada. Ou presque. Bref, une fois ces réjouissances passés, les joueurs se sont échauffés. Car, oui, n’oublions pas, à la base, c’est un événement sportif. Je me demande encore si la musique diffusée est là pour donner le rythme aux joueurs ou entraîner le public. Ou passer le temps. Le mystère demeure.

Echauffement avant le match. En rouge, les Capitals de Washington, en blanc, les Bruins de Boston.

Juste avant le début de la rencontre, l’hymne américain est joué. Des équipes canadiennes et américaines constituent la Ligue Nationale de Hockey. Les deux équipes du jour étant américaines, seul l’hymne national américain national a été chanté ce soir-là. Il est toujours impressionant de voir que l’ensemble du public se tourne vers le drapeau avec le plus grand sérieux et ce, pour toute la durée de l’hymne. Au fil de la soirée, plusieurs vétérans présents dans le public seront mis en avant sur les écrans géants disposés dans l’arène pour les remercier de leurs services dans les forces armées et reconnaître l’importance de leurs rôles.

Arène lorsque l’hymne national a retenti.

Puis, le jeu, puisqu’on était quand même là pour ça.

Sous ses airs violents, le hockey est en fait un sport pacifique. Au début du XXème siècle, il était courant que les spectateurs envoyent valser sur la patinoire toutes sortes d’objets, allant d’oeufs à des machines à écrire en passant par des pieuvres mortes, des cigarettes ou encore des pièces de monnaie. Désormais, si un objet est jetté sur la glace et interfère avec le jeu, cela se traduit par un pénalty pour l’équipe jouant à domicile. Seules les crosses de hockey cassées par les joueurs pendant le jeu sont sur la glace – et sont vite déblayées. Idem pour la violence. Alors qu’il a longtemps été supputé que les spectateurs venaient voir le sang couler, les coups sont désormais interdits (et les casques sont obligatoires pour les joueurs depuis 1979).

Dans son récit, W. Faulkner décrit un match de hockey comme la beauté émergeant du chaos. On ne peut ici que souscrire à son analyse : l’oeil du spectateur s’aguerrit à mesure que les périodes de jeu se déroulent sous ses yeux. Du chaos perçu comme désorganisé par le néophyte, la beauté d’une chorégraphie émerge des joueurs qui semblent évoluer en apesanteur. La vitesse des moments de jeu contraste fortement avec les pauses quasi-permanentes plus ou moins longues liées à la nature même du hockey. La vitesse de jeu est telle que le spectateur tente de retenir ses clignements d’oeil pour ne pas rater la moindre action.

La pureté et la simplicité du jeu est rythmée par le passage quasi-permanent des Zambounis, les surfaceuses qui assurent une bonne qualité de la glace. Lorsque ce ne sont pas des surfaceuses qui passent, une armée vêtue de bleu et armée de pelles à neige patinent à travers la patinoire pour aplatir la glace.

Au final, les Bruins ont gagné. Et les supporters des Capitals ont félicité les supporters de Boston. Parce que, malgré tout le tralala, tout le monde était là en se souvenant des rêves d’enfants portés par le hockey.

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