« Hello out there, it’s ‘Hockey Night’ tonight. »*

J’ai toujours détesté regarder des rediffusions de compétitions sportives à la télé. Pour être franche, et je m’excuse auprès de ceux d’entre vous qui regardent du sport à la télé, je n’en ai jamais compris l’intérêt. Enfin, je n’en avais jamais compris l’intérêt. Ce temps est révolu. Désormais, je regarde des matchs de hockey sur glace. Soyons honnêtes ; « regarder » est un doux euphémisme. Pour être sûre de ne pas en rater une miette, je projette les matchs de hockey sur un pan entier de mur dans mon salon. Vivant pleinement l’action, je me tiens prête à bondir de mon canapé en m’époumonant, pleine d’enthousiasme, « Let’s go Oilers!« . Je m’essaye même parfois à l’arbitrage en vociférant « Icing! » (« Dégagement interdit ! ») – même si, au final, il n’y a aucune faute de jeu. Bref, je suis une néo-adepte du hockey.

Comment, diable, en est-elle arrivée là, vous demandez-vous ?

Il est vrai que, jusqu’à récemment, j’étais d’une ignorance crasse à propos du hockey sur glace. Bon, j’avais une idée vague de la chose, pensant bien que s’il y a « glace » dans le nom, ça devait impliquer « surface d’eau gelée » et son corollaire, « froid ». Mais mes connaissances s’arrêtaient peu ou prou là. Puis, j’ai découvert la NHL, la Ligue Nationale de Hockey américaine, qui est une des meilleures du monde. Et un monde secret s’est ouvert à moi. J’ai donc appris :

Qu’en fait, la Ligue Nationale de Hockey n’a rien de national. Quand la NHL a été fondée, en 1917, elle regroupait quatre équipes, toutes canadiennes. D’où l’adjectif « national ». La NHL a été étendue aux Etats-Unis à partir des années 1920 en intégrant l’équipe de Boston, les Bruins. Aujourd’hui, la NHL consiste en 25 équipes américaines et 7 équipes canadiennes.

Les équipes actuelles de la Ligue nationale de hockey.
(Source : Wikipedia).

Dans les années 1970, 95 % des joueurs de la NHL étaient Canadiens. De nos jours, la moitié des joueurs sont Canadiens et 30 % sont Américains. Les 20 % restants ont majoritairement été formés en Europe – il y a même des joueurs Français évoluant en NHL. Le hockey n’est pas aussi populaire que le football américain mais la ligue de hockey fait partie des fédérations principales aux Etats-Unis.

Historiquement, les Etats-Unis font partis des « Big Six« , c’est-à-dire qu’ils sont un des six pays à avoir dominé les compétitions internationales masculines depuis les années 1950. Des films comme Miracle ont contribué à rendre ce sport populaire. De même, alors que le hockey était initialement cantonné aux Etats les plus au Nord, ce sport est maintenant diffusé sur l’ensemble du territoire. Une ligue professionnelle féminine de hockey sur glace, la Premier Hockey Federation, a été fondée en 2015, probablement un signe de l’élargissement de la pratique du hockey sur glace.

Je me suis aussi rendue compte que l’essence même du hockey force le respect et l’admiration envers ses pratiquants. Porter une tenue de hockey constitue une prouesse en soi. Une tenue de hockey sur glace comprend, de manière non-exhaustive : un casque, un protège-cou, des épaulières, des coudières, des gants et des jambières. Lestés de 10 kg de tenue protectrice (pour les joueurs, la tenue des goals peut atteindre 25 kg), juchés sur des patins à glace, les joueuses et joueurs sont lâchés sur une patinoire. Nous en conviendrons, pas l’environnement le plus stable pour le commun des mortels. Ensuite, le jeu consiste à pousser, à l’aide de crosses mesurant entre 1,5 m et 2 m de long, un palet de 7,6 cm de diamètre et de 2,5 cm d’épaisseur. Et, rien que ça, c’est impressionnant.

A cela, s’ajoute une difficulté supplémentaire. La vitesse. Car le hockey est un sport de vitesse. Les joueuses et joueurs de hockey professionnels patinent à des vitesses avoisinants les 30 km/h. Les plus rapides atteignent même 40 km/h. Sachant qu’une patinoire de hockey sur glace aux normes de la NHL a une dimension précise de 60,96 m par 25,9 m, je vous laisse calculer en combien de secondes un joueur nord-américain traverse la patinoire. (En Amérique du Nord, tout est spécial quand il s’agit de mesures. Du coup, les dimensions de leurs patinoires de hockey sont légèrement différentes des dimensions des patinoires de la Fédération internationale de hockey sur glace). Pour preuve, voilà des extraits de jeu de Connor McDavid, un des joueurs les plus rapides de notre époque (il joue avec les Oilers, d’ailleurs) :

Bref, pour jouer au hockey, il faut de la dévotion et de la passion. Et de la vitesse. Physique et mentale. Car, au coeur de l’action, le cerveau d’une joueuse ou joueur de hockey se transforme en un supercalculateur jaugeant à chaque seconde les angles, trajectoires et les vitesses en jeu. Et rien, que pour ça, c’est beau.

Ensuite, le hockey est un vrai sport d’équipe. Déjà, les saisons sont longues : il y a une pré-saison en septembre-octobre, puis la saison principale entre octobre et avril et enfin la post-saison, les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Lors d’une saison de NHL, chaque équipe joue 82 matchs. 41 à domicile, autant à l’extérieur. Autant dire qu’il faut que l’équipe tienne le choc. Mais plus intéressant et surprenant pour moi, ce fut d’apprendre que les deux joueurs qui ont touché le palet avant que le but soit marqué se voyent attribuer un point, à titre d’aide. Vu de loin, les contributions individuelles à la victoire collectives me semblent plus reconnues que dans d’autres sports dits d’équipe. Et, franchement, je trouve ça chouette.

Bref, pour toutes ces raisons, le foot me paraît fade, très fade, à côté du hockey sur glace. C’est décidé, les amis ; j’en suis convaincue. Comme le dit la chanson, « the good ol’ Hockey game, is the best game you can name«  (« Le bon vieux hockey est le meilleur jeu que vous pouvez nommer »).

* « Hello out there, it’s ‘Hockey Night’ tonight. » > « Bonjour à tous, c’est la nuit du hockey ce soir. » Première ligne de la chanson de Stompin’ Tom Connors.

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